Nostradamus

Parmi mes deux pères spirituels qui me guident et m’inspirent dans la voyance et la thérapie traditionnelle figure Michel de Nostre Dame, appelé NOSTRADAMUS.

Je ne manque pas, depuis 13 ans, à chaque fois, que je consulte à Salon de Provence, de me rendre en la collégiale St Laurent, afin d’aller prier sur son tombeau, pour le repos de son âme. Répondant à son souhait, que sa descendance (fut ce t’elle spirituelle), aille prier sur sa tombe. Et d’y déposer quatre cierges (selon son souhait) pour le carré du Verbe dispersé au quatre points cardinaux.

J’ai pris pour devise de mon activité, il y a bien longtemps, ce quatrain (centurie 972), car elle correspond à mes attentes. Que personne n’y voit déraison ou folie de ma part. Mais, j’ai l’impression, comme à chaque fois, que je vais puiser ma force, sur le tombeau de Nostradamus, qu’elle m’est destinée. Pour n’être qu’un modeste maillon d’une immense chaîne de voyants et thaumaturges, avec un flambeau à transmettre à d’autres, ensuite. En travaillant dans les mêmes conditions.

Je ne souhaite qu’une chose: être fidèle à l’enseignement de mon Maître. C’est à dire considérer la pratique des arts divinatoires et de la thérapie traditionnelle, que pour le seul bienfait de mes soeurs et frères en l’humanité. Sans considération de couleur de peau, d’opinions religieuses, politiques, syndicales, philosophiques, ou autres. Juste avoir l’individu dans sa détresse et sa souffrance, en face de moi, pour l’aider à retrouver une vie plus épanouissante et heureuse. En cela, j’aurai bien fait mon travail et rempli à ma mission, comme des millions d’autres, l’ont fait avant moi,…

Calendrier Julien ou Calendrier Grégorien ?

 Faisant référence à Michel de Notre Dame, sur sa centurie 972, un certain nombre de personnes se posent la question de savoir sur quel calendrier s’est basé le prophète de Salon de Provence. Un sujet qui divise les exégètes, notamment, les partisans d’un autre courant de pensée ésotérique, ceux du Grand Monarque, dont nous parlerons ultérieurement. Historiquement, il existe deux calendriers de l’Ere chrétienne: le julien et le grégorien. Le premier est du à Jules César, vers –46 avant J.C., qui fixe au 1er janvier, la date du début de l’année, en hommage à Janus, le dieu à double visage (janus-janvier). Certaines hypothèses fixent ce jour au 1er mars, faisant référence aux Ides de Mars. Mais, il faut prendre en considération que les années consulaires débutaient en janvier, pour objecter sur cette théorie de façon crédible. On retiendra que les babyloniens fêtaient le nouvel an, le 1er janvier, en tant que fête principale, avec des processions allant vers les temples. Nostradamus, ésotérisme et kabbaliste éclairé, ne pouvait l’ignorer, dans ses datations. Ce d’autant plus, qu’il fait référence, dés le début de ses centuries, à la façon dont il prend connaissance de ses prophéties: « à la lumière d’une flamme, sur un trépied d’airain, un pied et un linge dans l’eau, et au contact de vapeurs », selon les procédés antiques de divination. Sans doute, faisant référence à la Pythie de Delphes, en Grèce. Il semblerait qu’en 532, l’Eglise Catholique, à Rome, ait fixé cette date, au 1er janvier, sans que de sources historiques crédibles en attestent. En ce qui concerne le début de l’Ere chrétienne, en elle-même, elle aurait été fixée par Dionysius Exiguus (Denys le petit) en 525. La faisant débuter à la naissance supposée de Jésus. Les historiens et scientifiques ont démontré, que cette date n’est qu’approximative. Le Jésus historique étant né vraisemblablement, vers—4 à—7 avant l’Ere chrétienne. A une date qui ne correspondrait pas à décembre, mais plutôt au mois de mars. En France, du 6eme au 7eme siècles, les débuts d’années varient selon les provinces. Charlemagne, vers l’an 800, fait débuter l’année à Noël. Durant les rois capétiens, les dates de début d’année, fluctuent, donc, entre le 1er janvier, le 1er mars et le 25 mars, selon les provinces. Obligeant les rédacteurs d’actes à situer ceux-ci, à l’endroit où ils sont rédigés. C’est ainsi, qu’à Lyon, le début de l’année commence à Noël, tandis qu’à Vienne, distante d’une trentaine de kilomètres, on fête le début d’année au 25 mars. Cette situation durant jusqu’en 1582, par les états catholiques, sous le nom de calendrier grégorien, du pape Grégoire 13, instituant le 1er janvier comme date du début d’année. Auparavant, en France, le roi Charles IX, par l’Edit de Roussillon, a fixé la date du 1er janvier comme début d’année, le 9 août 1564.

 Alors, quid de Nostradamus ? Calendrier julien ou grégorien ?

 Nostradamus étant originaire de Provence, empreint de culture ésotérique kabbaliste quand à ses origines juives, de culture des civilisations antiques auxquelles il fait référence, a vraisemblablement utilisé le calendrier julien, en faisant débuter l’année au 1er janvier. De plus, non loin des états pontificaux du comtat Venaissin, où résidait le légat du pape, sous le château de l’Empéri, résidence des archevêques d’Arles, l’un des premiers diocèses de la chrétienté en France, à la renaissance, on imagine très mal, Nostradamus allant défier le monde chrétien sur des confusions de dates et calendriers. Même, s’il est vrai, qu’avec Nostradamus, on peut s’attendre à tout, dans les codages de textes,… Le septième mois semblant, donc, le mois de juillet, pour les chercheurs. Ce qui nous donne au mois de juillet 1999, selon la centurie 972.barre dorée préférée

Deux reportages sur Michel de Nostre Dame, vous sont proposés:

NOSTRADAMUS

NOSTRADAMUS

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centuries de Nostradamus

(sources Wikipédia) Michel de Nostredame, dit Nostradamus, né le 14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence, et mort le 2 juillet 1566 àSalon-de-Provence, est un apothicaire français (on dirait en français moderne : pharmacien). Selon bien des sources, il aurait également été médecin, bien que son expulsion de la faculté de médecine de Montpellier4témoigne qu’il n’était pas possible d’être les deux à la fois. Pratiquant l’astrologie comme tous ses confrères à l’époque de la Renaissance, il est surtout connu pour ses prédictions sur la marche du monde.

Biographie

Maison natale de Nostradamus à Saint-Rémy-de-Provence

Michel de Nostredame est né de Jaume de Nostredame et Reynière (ou Renée) de Saint-Rémy le 14 décembre 1503. Jaume était l’aîné des six (certains disent dix-huit) enfants du couple Pierre de Nostredame et Blanche de Sainte-Marie.
Le nom des Nostredame vient de son grand-père juif, Guy de Gassonet (fils d’Arnauton de Velorges), qui choisit le nom de Pierre de Nostredame lors de sa conversion au catholicisme, probablement vers 1455. Selon les archives d’Avignon, et selon les archives deCarpentras qui parlent souvent de juifs des autres régions, il est suggéré que l’origine du nom Nostredame fut imposée par le cardinal-archevêque d’ArlesPierre de Foix. Le grand-père de Nostredame, Pierre de Nostredame, était si convaincu de sa foi qu’il a répudié sa femme d’alors (Benastruge Gassonet) qui ne voulait pas quitter le judaïsme. La dissolution du mariage fut prononcée en vertu du privilège paulin à Orange le 14 juin 1463, ce qui lui a permis finalement d’épouser Blanche.

Son enfance

C’est son bisaïeul maternel, Jean de Saint-Rémy, ancien médecin et trésorier de Saint-Rémy, qui lui aurait transmis en 1506 les rudiments des mathématiques et des lettres. Mais ceci est douteux, vu que la trace notariée (Archives dep. des Bouches du Rhône B. 2.607) de ce vieux personnage disparaît en 1504.

Ses années d’études

Portrait de Nostradamus par le Dr Niel.

Nostredame part très jeune à Avignon pour y obtenir son diplôme de bachelier ès arts. On le disait doué d’une mémoire presque divine, d’un caractère enjoué, plaisant, peut-être un peu moqueur « laetus, facetus estque mordax ». Ses camarades l’auraient appelé « le jeune astrologue », parce « qu’il leur signalait et leur expliquait les phénomènes célestes », mystérieux alors pour beaucoup : les étoiles filantes, les météores, les astres, les brouillards, etc. Il dut apprendre aussi la grammaire, la rhétorique et la philosophie. Mais il doit quitter l’université après un an seulement, et donc sans diplôme, à cause de l’arrivée de la peste (fin 1520). Neuf ans plus tard (1529), ayant cependant pratiqué comme apothicaire (profession non diplômée), il s’inscrit à la Faculté de Montpellier pour essayer d’y gagner son doctorat en médecine. Il se fait connaître grâce aux remèdes qu’il a mis au point en tant qu’apothicaire. Mais il est bientôt expulsé pour avoir exercé ce métier « manuel » interdit par les statuts de la faculté [voir site Benazra Espace Nostradamus]. Son inscription de 1529 et sa radiation sont les seules traces de son passage à Montpellier, et on ne connaît pas de document attestant qu’il ait été docteur d’une autre université. Mais, sans être affirmatifs, la plupart des érudits du vingtième siècle pensent qu’il n’est pas impossible que l’expulsion de Nostredame ait été temporaire et qu’il soit devenu quand même diplômé de l’université de Montpellier (comme le prétendaient aussi, en ajoutant des détails supplémentaires peu croyables, certains commentateurs très tardifs comme Guynaud et Astruc), bien qu’il lui ait manqué le premier diplôme nécessaire pour accéder au doctorat, car les noms de plusieurs des diplômés connus de cette université sont absents, eux aussi, de ses registres — à moins que ceux-ci n’en aient pas été de vrais diplômés non plus (le phénomène du « faux docteur » étant très connu à l’époque).

Mariages et professions

Vers 1533, il s’établit à Agen, où il pratique la médecine de soins à domicile. Il s’y lie d’amitié avec Jules César Scaliger. Cet Italien, installé à Toulouse, érudit de la Renaissance, est « un personnage incomparable, sinon à un Plutarque » selon Nostradamus ; il écrit sur tout. Impertinent, il s’attaque à tout le monde, s’intéresse à la botanique et fabrique des pommades et des onguents. Mais le jeune « imposteur » inquiète les autorités religieuses par ses idées un peu trop progressistes pour l’époque. La durée précise de son séjour à Agen est inconnue ; peut-être trois ans, peut-être cinq ans. Les points de repère manquent et l’on ne peut offrir que des dates élastiques. Vers1534 Nostredame s’y choisit une femme dont on ne sait même pas le nom, qui lui aurait donné deux enfants : un garçon et une fille. L’épouse et les deux enfants moururent, très rapidement semble-t-il, à l’occasion de quelque épidémie, la peste vraisemblablement.

D’après certains commentateurs catholiques des Prophéties – Barrere, l’abbé Torne-Chavigny notamment – Nostredame aurait dit en 1534 à un « frère » qui coulait une statue de Notre-Dame dans un moule d’étain qu’en faisant de pareilles images il ne faisait que des diableries. D’aucuns pensent que ses relations avec un certain Philibert Sarrazin, mécréant de l’époque, de la région d’Agen, avaient rendu Nostredame plutôt suspect à la Sainte Inquisition. Celle-ci l’aurait même invité à se présenter devant son tribunal de Toulouse pour « y être jugé du crime d’hérésie ; mais il se garda bien de répondre à cette citation ».

Après la mort de sa première femme, Nostredame se serait remis à voyager. On l’aurait trouvé à Bordeaux, vers l’an 1539. Les commentateurs tardifs Moura et Louvet se le représentent en la compagnie de savants renommés de l’époque et du cru : l’apothicaire Léonard Baudon, Johannes Tarraga, Carolus Seninus et Jean Treilles, avocat. Nostredame accomplit de 1540 à 1545 un tour de France qui l’amène à rencontrer de nombreuses personnalités, savants et médecins. La légende signale le passage du futur prophète à Bar-le-Duc. Nostredame y aurait soigné, d’après Étienne Jaubert, plusieurs personnes et notamment une célèbre (?) Mademoiselle Terry qui l’aurait souvent entendu « exhorter les catholiques à tenir ferme contre les Luthériens et à ne permettre qu’ils entrassent dans la ville».

Une tradition très douteuse affirme qu’il a séjourné un temps à l’abbaye d’Orval, qui dépendait de l’Ordre de Cîteaux, située alors au diocèse de Trêves, à deux lieues de l’actuelle sous-préfecture de Montmédy, un séjour que Pagliani, après plusieurs autres, date de 1543. On ne sait s’il faut y ajouter foi, même si, avec Torne-Chavigny et Napolêon lui-même, beaucoup de gens lui attribuent les fameuses prophéties d’Orval, Prévisions d’un solitaire, ainsi que celles d’un certain Olivarius. On les aurait ‘trouvées’ à l’abbaye d’Orval en 1792, date approximative de leur style même. La première (de style tardif, elle aussi) serait datée de 1542, antérieure donc de treize ans, comme on le verra plus loin, à la préface des premières Centuries. Mais il semble plus probable que toutes les deux aient été composées au xixe siècle à la gloire de Napoléon. Ici se termine le cycle de pérégrinations de Nostredame qui l’a mené en somme, après être rayé de Montpellier, du Sud-Ouest au Nord-Est de la France. Nostredame atteint la quarantaine (1543) et commence une seconde phase de déplacements qui va le rapprocher de la Provence et le pousser vers l’Italie, terre bénie de tous ceux qui connurent à son époque l’ivresse de la Renaissance.

Les premières étapes de ce périple sont probablement Vienne, puis « Valence des Allobroges », dont parle Nostradamus dans son Traité des fardemens et confitures à propos des célébrités qu’il s’honora d’y avoir rencontrées : « A Vienne, je vis d’aucuns personnages dignes d’une supprême collaudation ; dont l’un estoit Hieronymus, homme digne de louange, et Franciscus Marins, jeune homme d’une expectative de bonne foy. Devers nous, ne avons que Francisons Valeriola pour sa singulière humanité, pour son sçavoir prompt et mémoire ténacissime… Je ne sçays si le soleil, à trente lieues à la ronde, voit ung homme plus plein de sçavoir que luy ». En 1544, Nostredame aurait eu l’occasion d’étudier la peste à Marseille sous la direction, a-t-il dit, d’un « autre Hippocrate, le médecin Louis Serres ». Puis, il est « appelé par ceux d’Aix en corps de communauté pour venir dans leur ville traiter les malades de la contagion dont elle est affligée. C’était en l’année mil cinq cent quarante six ».

On le voit certainement à Lyon en 1547 où il s’oppose au médecin lyonnais Philibert Sarrazin, à VienneValenceMarseilleAix-en-Provence et, enfin, à Arles, où il finit par s’établir. Là, il met au point un médicament à base de plantes, capable, selon lui, de prévenir la peste. En 1546, il l’expérimente à Aix lors d’une terrible épidémie : son remède semble efficace comme prophylactique, mais il écrira lui-même plus tard que « les seignées, les medicaments cordiaux, catartiques, ne autres n’avoyent non plus d’efficace que rien. » (Traité des fardemens et confitures, Lyon, 1555, p. 52) Malgré ce succès douteux, Nostredame est appelé sur les lieux où des épidémies sont signalées. À la même époque, il commence à publier des almanachs qui mêlent des prévisions météorologiques, des conseils médicaux et des recettes de beauté par les plantes. Il étudie également les astres.

La Maison de Nostradamus à Salon-de-Provence.

Le ­11 novembre 1547, il épouse en secondes noces Anne Ponsard, une jeune veuve de Salon-de-Provence, alors appelé Salon-de-Craux. Le couple occupe la maison qui abrite aujourd’hui le Musée Nostradamus. Il aura six enfants, trois filles et trois garçons ; l’aîné, César, deviendra consul de Salon, historien, biographe de son père, peintre et poète. Nostredame prend le temps de voyager en Italie, de 1547 à 1549. C’est d’ailleurs en 1549 qu’il rencontre à Milan un spécialiste en alchimie végétale, qui lui fait découvrir les vertus des confitures qui guérissent. Il expérimente des traitements à base de ces confitures végétales et, de retour en France, il publie en 1552 son Traité des confitures et fardements. En 1550, il rédige son premier « almanach » populaire – une collection de prédictions dites astrologiques pour l’année, incorporant un calendrier et d’autres informations en style énigmatique et polyglotte qui devait se montrer assez difficile pour les éditeurs, à en juger par les nombreuses coquilles (où certains voient le signe que l’auteur était dyslexique). Dès cette date, Michel de Nostredame signe ses écrits du nom de « Nostradamus« . Ce nom n’est pas l’exacte transcription latine de ‘Nostredame’, qui serait plutôt Domina nostra ouNostra domina. En latin correct, ‘Nostradamus’ pourrait signifier : « Nous donnons (damus) les choses qui sont nôtres (nostra) » ou « Nous donnons (damus) les panacées » (nostrum, mis au pluriel), mais il est également permis d’y voir un travestissement macaronique (et très heureux) de ‘Nostredame’.

En 1555, installé à Salon-de-Provence, il publie des prédictions perpétuelles (et donc en théorie, selon l’usage de l’époque, cycliques) dans un ouvrage de plus grande envergure et presque sans dates ciblées, publié par l’imprimeur lyonnais Macé (Matthieu) Bonhomme. Ce sont les Prophéties, l’ouvrage qui fait l’essentiel de sa gloire auprès de la postérité.

Protection royale

Sa renommée est telle que la reine Catherine de Médicis l’appelle à la cour en 1555. Le motif de l’intérêt de la reine était peut-être que, dans son dernier Almanach, Nostradamus avait mis le roi en garde contre des dangers qu’il disait ne pas oser indiquer par écrit. En cette même année 1555, donc, Nostradamus, inquiet des intentions de la cour (il craint d’avoir la tête coupée), se rend à Paris, où il reçoit du couple royal des gratifications qu’en public il qualifiera d’amples mais dont il se plaint en privé qu’elles ne couvrent pas ses frais de voyage. Des nouvelles alarmantes sur l’intérêt que la justice parisienne porte à la source de sa prescience l’incitent à quitter Paris précipitamment. Il se persuade qu’on veut sa mort. Dans les années qui suivent, il est la cible de plusieurs pamphlets imprimés. « Les attaques fusèrent de partout : de France et d’Angleterre, des milieux protestants et catholiques, des laïcs et des clercs, des poètes et des prosateurs, des adversaires de l’astrologie et des astrologues de métier, des étrangers mais aussi de ses proches ». L’ordonnance d’Orléans du 31 janvier 1561 (dont l’auteur ou un des auteurs fut le chancelier Michel de l’Hospital, hostile à Nostradamus) prévoit des peines contre les auteurs d’almanachs publiés sans l’autorisation de l’archevêque ou de l’évêque. Peut-être une infraction à cette ordonnance est-elle à l’origine d’un incident qui n’a pas été tiré tout à fait au clair. Le jeune roi Charles IX écrit le 23 novembre 1561 au comte de Tende, gouverneur de Provence, apparemment pour lui donner l’ordre d’emprisonner Nostradamus, car le comte de Tende répond au roi le 18 décembre : « Au regard de Nostradamus, je l’ay faict saisir et est avecques moi, luy ayant deffendu de faire plus almanacz et pronostications, ce qu’il m’a promis. Il vous plaira me mander ce qu’il vous plaist que j’en fasse ». Le comte a donc fait arrêter Nostradamus et l’a amené avec lui dans le château de Marignane. Les deux hommes étaient amis et la prison tenait plutôt de la mise en résidence. On ignore ce que le roi répondit au comte de Tende, mais tout indique que l’incident resta sans suites. Nostradamus rentra pleinement en grâce auprès de la famille royale, puisqu’en 1564, à l’occasion du grand tour de France, Charles IX, accompagné de Catherine de Médicis et de Henri de Navarre (le futur Henri IV), lui rendit visite. À cette occasion, la reine le nomma médecin et conseiller du roi.

Maladies et mort

Certains, prenant à la lettre ce que Nostradamus, dans la préface de la première édition de ses Prophéties, dit de sa « comitiale agitation hiraclienne », pensent qu’il souffrait d’épilepsie. Selon d’autres, c’est seulement par image que Nostradamus désignait ainsi un état de transe qui accompagnait ce qu’il croyait être sa révélation prophétique. En revanche, il est vraisemblable (voir Leroy) qu’il fut atteint de la goutte et d’insuffisance cardiaque. Dans le dernier quatrain des Présages, qui parurent en 1568, soit deux ans après sa mort, on peut lire

CXLI. Nouembre.
Du retour d’Ambassade. dô de Roy. mis au lieu
Plus n’en fera: sera allé a DIEV:
Parans plus proches, amis, freres du sang,
Trouué tout mort prés du lict & du banc.

Certains y ont vu la preuve qu’il connaissait les circonstances de sa mort. On dit qu’on le retrouva mort, près de son lit et d’un banc de bois, le 2 juillet 1566, au retour d’un voyage où il avait représenté sa ville auprès du roi (donc une ambassade) et y avait reçu le titre de médecin ordinaire du roi. Ce qui est attesté, c’est qu’il représenta Salon-de-Crau en ambassade à Arles auprès du roi en 1564, qu’il fut par la suite richement doté par le roi. Il fut retrouvé mort le 2 juillet 1566 au matin, et non en novembre, ce qui laisse cependant entier le doute quant à la prophétie, puisque celle-ci ne sera publiée que deux ans après sa mort, et en forme apparemment rétro-éditée. Il mourut à Salon-de-Provenced’un œdème dit cardio-pulmonaire. On connaît son testament rédigé par son notaire et on connaît le devenir exact de sa dépouille. Son corps repose en la collégiale Saint-Laurent (voir Leroy, Benazra, Pierre Brind’Amour, Lemesurier etc. et illustration en version anglaise), à Salon-de-Provence.

Les ProphétiesEdition Lyon 1555Edition Lyon 1557

Edition Lyon 1568Edition de 1605Edition Amsterdam 1668Edition Troyes 1649Edition Troyes 1649

Comme dit précedemment, la première édition des Prophéties est de 1555. Plusieurs éditions sont considérées comme piratées ou antidatées, mais on admet en général que l’édition (augmentée) qui porte la date de septembre 1557 fut réellement publiée du vivant de Nostradamus. L’existence d’une édition de 1558 est moins sûre, aucun exemplaire n’ayant survécu. Le livre est partagé en Centuries, une centurie étant, théoriquement, un ensemble de cent quatrains. La septième centurie resta toujours incomplète. La première édition, pleine de références savantes, contient 353 quatrains prophétiques, la dernière, publiée deux ans après la mort de Nostradamus, 942 – soit 58 quatrains de moins que les 1000 qu’il avait annoncés (« parachevant la milliade »). Les Propheties ont donné lieu à la publication de près de dix mille ouvrages. Parmi les exégètes les plus célèbres, on peut mentionner Anatole Le PelletierVlaicu IonescoJean-Charles de Fontbrune et son père, Serge Hutin et Erika Cheetham, qui croient à la prescience de Nostradamus, et Eugene F. Parker,Edgar LeoniLouis Schlosser et surtout Pierre Brind’Amour, qui n’y croient pas. D’autres comme Robert BenazraMichel Chomarat etDaniel Ruzo, se sont appliqués à recenser les éditions de ses œuvres et les ouvrages qui le concernent. Une première cause de divergence entre interprètes est qu’en raison des méthodes de composition des imprimeurs du xvie siècle, les éditions et même les exemplaires particuliers de ces éditions diffèrent tous ou presque, et ne garantissent aucune conformité parfaite avec le texte manuscrit original (perdu depuis lors). Pour ajouter à la difficulté, des quatrains (comme par exemple 10,72, qui indique une date précise) font l’objet de désaccords entre les exégètes, notamment quant au sens des mots.

La seconde cause de divergences entre les interprètes tient à Nostradamus lui-même. Son style obscur et son vocabulaire, mélange de français moyen, de latin, de grec (très peu ; voir par exemple le quatrain IV, 32) et de provençal, donnent aux exégètes une grande liberté d’interprétation. Nostradamus, peut-être pour ajouter du mystère à ses quatrains, a employé toutes sortes de figures littéraires. Mais la raison principale de ce style nébuleux serait, si on l’en croit, le désir d’assurer la pérennité de l’œuvre. Nostradamus assure cependant qu’un jour le monde verra que la plupart des quatrains se sont accomplis, ce qui laisse entendre qu’ils seront compris clairement par l’humanité. En attendant, tout évènement cadrant, a posteriori, avec l’une des multiples interprétations possibles d’un quatrain est présenté comme l’interprétation juste – plusieurs interprétations d’une même prophétie cohabitant parfois chez le même exégète. Un bon nombre des interprètes (surtout les sensationnalistes et les amateurs) qui croient à la prescience de Nostradamus semblent persuadés qu’il a surtout parlé de leur époque.

Les méthodes divinatoires de Nostradamus

Nostradamus affirmait volontiers avoir appliqué toute une série de procédés divinatoires, parmi lesquels la « fureur poëtique », ou le « subtil esprit du feu » de l’oracle de Delphes ; l’« eau de l’oracle de Didymes» ; l’« astrologie judiciaire» (l’art de juger de l’avenir d’après le mouvement des planètes, mais Nostradamus se disait « astrophile » plutôt qu’astrologue) ; les « sacrées Écritures », ou les « sacrées lettres » (bien qu’il n’ait probablement pas possédé une Bible telle quelle, interdite à l’époque aux laïques : il en aurait utilisé des extraits trouvés dans Eusèbe, Savonarole, Roussat et le Mirabilis Liber) ; « la calculation Astronomique», ou la « supputation des âges», selon de prétendus cycles datant d’Ibn Ezra et de bien avant (Nostradamus prétend arrêter ses prédictions à l’an 3797) ; et le « songe prophétique» ou l’« incubation rituelle».

Il est cependant douteux qu’il ait vraiment utilisé ces procédés, car il semble se contredire là-dessus (par exemple en rattachant une même prophétie à plusieurs procédés), et il est plus probable que sa méthode principale était la projection dans le futur de prophéties préexistantes et de récits historiques, méthode dont il ne dit presque rien, mais dont l’existence est rendue quasi certaine par un nombre considérable de rapprochements faits depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours .

Le plus célèbre des quatrains réputés prophétiques

Le plus célèbre des quatrains réputés prophétiques de Nostradamus (avec, peut-être le « quatrain de Varennes » IX, 20) est le trente-cinquième de la première centurie (Centurie I, quatrain 35)

Le lyon ieune le vieux surmontera,
En champ bellique par singulier duelle,
Dans cage d’or les yeux luy creuera,
Deux classes vne, puis mourir, mort cruelle.

Selon les adeptes d’une lecture prophétique, ce quatrain annoncerait la mort d’Henri II. En juin 1559, le roi Henri II affronta le comte de Montgomery, lors d’un tournoi de chevalerie. Ils auraient porté (selon ces adeptes) tous deux un lion comme insigne. Henri II reçut la lance de son adversaire dans son casque (selon certains, en or) et aurait eu l’œil transpercé. Il mourut dix jours plus tard.

Voici ce qu’en dit l’historien québécois Pierre Brind’Amour (qui, pour sa part, pense que Nostradamus interprète un prodige céleste tel que celui qu’on aperçut en Suisse en 1547, montrant un combat entre deux lions) : « Ce quatrain, le plus célèbre des Centuries, fait les délices des amateurs d’occultisme, qui veulent y voir l’annonce du tournoi qui opposa Henri II et le sieur Gabriel de Lorge, comte de Montgomery, le 1er juillet 1559. On sait qu’Henri II, blessé à l’œil par son adversaire, mourut de sa blessure le 10 juillet suivant. Les sceptiques, dont je suis, s’émerveillent de la coïncidence ; les adeptes y voient la preuve de ce qu’ils ont toujours su, à savoir que Nostradamus avait un don de clairvoyance. Pourtant personne à l’époque ne fit le rapprochement. » (Nostradamus astrophile, p. 267; Les premières Centuries ou Propheties, pp. 99-101).

Le professeur de linguistique Bernard Chevignard note lui aussi, que « ni Blaise de Monluc, ni François de Vieilleville, ni Claude de l’Aubespine, ni Brantôme ne mentionnent une quelconque prophétie de l’oracle de Salon à ce propos [la mort d’Henri II], mais font état de leurs propres rêves prémonitoires ou d’une prédiction de l’astrologue napolitain Luca Gaurico ». (Brantôme a bien fait allusion à l’incident, mais ne parle que d’un ‘devin’ qui n’était pas nécessairement Nostradamus).

B. Chevignard relève de plus que, dans ses Présages en prose, à la fin de ce qui concerne le mois de juin 1559 (Henri II fut blessé en juin et mourut en juillet), Nostradamus, après avoir écrit « Quelque grand Prince, Seigneur & dominateur souverain mourir, autres defaillir, & autres grandement pericliter », ce qui fait s’écrier à son dévoué exégète Chavigny : « Icy infailliblement est presagée la mort du Roy Henry II », avait ajouté immédiatement après : « La France grandement augmenter, triompher, magnifier, & beaucoup plus le sien Monarque », d’où ce second commentaire de Chavigny : « Ceci est dit pour deguiser le fait. » Chavigny, d’ailleurs, n’a pas interprété le quatrain I,35 comme annonçant la mort d’Henri II, non plus que Nostradamus lui-même, qui privilégiait le quatrain III, 55 (après l’avoir rétro-édité, d’ailleurs!). Cette interprétation n’est pas attestée avant 1614.

Quelques quatrains qui semblent avoir été copiés

Dans l’ Épître à Henri Second qui précède les trois dernières Centuries de ses Prophéties, Nostradamus semble dire que ses dons de voyant lui révélaient parfois non l’avenir mais le passé : « supputant presque autant des aventures du temps à venir, comme des âges passés ». Son admiratif interprète Chavigny intitula d’ailleurs Le Janus françois un livre où il expliquait certains quatrains par des évènements antérieurs à leur publication.Dans des lettres publiées en 1724 par le Mercure de France, un anonyme relevait lui aussi des «prophéties» de Nostradamus qui semblaient tournées vers le passé et, à la différence de Chavigny, il en concluait que Nostradamus se moquait de son lecteur.L’existence de « quatrains du passé » a reçu plusieurs confirmations, surtout grâce aux travaux de Pierre Brind’Amour, qui datent des dernières années du xxe siècle. On a ainsi découvert des emprunts très nets à l’astrologue Richard Roussat, à l’érudit florentin Petrus Crinitus et à des auteurs antiques comme Tite-LiveJulius Obsequens.

Voici quelques exemples.

  • Centurie 1, quatrains 1 et 2 :

Estant assis de nuit secret estude,
Seul repousé sur la selle d’ærain,
Flambe exigue sortant de solitude
Fait proferer qui n’est à croire vain.

La verge en main mise au milieu de Branches,
De l’onde il moulle & le limbe & le pied.
Vn peur (conjecture : Vapeur) & voix fremissent par les manches,
Splendeur diuine. Le diuin prés s’assied.

Petrus CrinitusDe honesta Disciplina, réédité à Lyon en 1543, livre 20, rapporte, d’après Jamblique (traduit en latin par Marsile Ficin), comment les Sibylles pratiquaient la divination « à Branches » (in Branchis). En quelques lignes, il est question d’un « souffle ou feu ténu » (tenuem spiritum et ignem) ; d’une pythie assise « sur un siège d’airain » (super aeneam sellam), d’une autre qui tient « une verge dans sa main » (virgam manu gestat), baigne dans l’eau ses pieds et la bordure de ses vêtements (pedes limbumque undis proluit) ou encore aspire la « vapeur » (vaporem) et est emplie de « splendeur divine » (divino splendore).

  • Centurie 1, quatrain 42 :

Le dix Kalendes d’Apuril de faict Gotique (conjecture : Gnostique)
Resuscité encor par gens malins :
Le feu estainct, assemblée diabolique
Cherchant les or du d’Amant & Pselyn.

Dans le même livre de Petrus Crinitus, l. 7, ch. 4, il est question de Gnostiques (Gnostici) qui, cherchant à profiter des enseignements de Psellus et d’Origène Adamantius (Psellus, Origenes Adamantius), s’assemblent (convenire) le dix des Calendes d’avril (X. Cal. Apri.) et, toutes lumières éteintes (luminibus extinctis), commettent des abominations.

  • Centurie 2, quatrain 41 :

La grand’estoile par sept iours bruslera,
Nuée fera deux soleils apparoir :
Le gros mastin toute nuit hurlera
Quand grand pontife changera de terroir.

Julius Obsequens, dans son Livre des Prodiges (réédité en 1552 par Conrad Lycosthenes), raconte qu’après l’assassinat de Jules César, « une étoile brûla pendant sept jours. Trois soleils brillèrent (…). Des hurlements de chiens furent entendus de nuit devant la maison du grand pontife (…). »

  • Centurie 5, quatrains 6 et 75 :

Au roy l’Augur sur le chef la main mettre,
Viendra prier pour la paix Italique :
A la main gauche viendra changer le sceptre
De Roy viendra Empereur pacifique.

Montera haut sur le bien [conjecture : lieu] plus à dextre,
Demourra assis sur la pierre quarrée :
Vers le midy posé à la senestre,
Baston tortu en main, bouche serrée.

Tite-Live raconte ainsi l’inauguration du roi Numa Pompilius :
« Alors, sous la conduite de l’augure (…), Numa se rendit à la citadelle et s’assit sur une pierre face au midi. L’augure prit place à sa gauche, la tête voilée et tenant de la main droite un bâton recourbé et sans nœud appelé lituus. De là, embrassant du regard la ville et la campagne, il (…) marqua dans le ciel les régions par une ligne tracée de l’est à l’ouest et spécifia que les régions de droite étaient celles du midi, les régions de gauche celles du nord (…). Puis, faisant passer le lituus dans sa main gauche, et plaçant la droite sur la tête de Numa, [il demanda un signe de la part des dieux]». Immédiatement après, Tite-Live dit que Numa fut un roi pacifique qui éleva le temple de Janus pour symboliser la paix, et il loue l’empereur régnant, Auguste, d’être lui aussi pacifique.

  • Centurie 6, quatrain 100 :

LEGIS CANTIO CONTRA INEPTOS CRITICOS

Quos legent hosce versus, maturè censunto :
Profanum vulgus, & inscium ne attrestato :
Omnesque Astrologi, Blenni, Barbari procul sunto :
Qui aliter facit, is ritè, sacer esto.

Traduction : Que ceux qui lisent ces vers y réfléchissent longuement !
Que le vulgaire profane et ignorant ne s’en approche !
Que tous les astrologues les sots, les barbares s’en écartent !
Qui passe outre, qu’il soit maudit selon le rite !

Petrus Crinitus, à la fin de son De honesta disciplina, déjà cité, avait mis cette strophe latine : Legis cautio contra ineptos criticos

Quoi legent hosce libros, maturè censunto :
Profanum uolgus & inscium, ne attrectato :
Omnesque legulei, blenni, barbari procul sunto :
Qui aliter faxit, is ritè sacer esto.

  • Centurie 7, quatrain 41 :

Les os des pieds et des mains enserrés,
Par bruit maison longtemps inhabitée ;
Seront par songes concavant déterrés,
Maison salubre et sans bruit habitée.

Pline le Jeune, Lettres, VII, 27 : « Il y avait à Athènes une maison vaste et spacieuse, mais décriée et funeste. Dans le silence de la nuit, on entendait un bruit de fer (…) et un froissement de chaînes (…). Bientôt apparaissait le spectre : (…) ses pieds étaient chargés d’entraves et ses mains de fers qu’il secouait. (…) Aussi, dans la solitude et l’abandon auquel elle était condamnée, cette maison resta livrée tout entière à son hôte mystérieux. (…) [Le philosophe Athénodore loue la maison et y veille la nuit. Le spectre survient et l’invite à le suivre dans la cour, où il disparaît. Athénodore marque le lieu.] Le lendemain, il va trouver les magistrats et leur conseille de fouiller en cet endroit. On y trouva des ossements enlacés dans des chaînes. (…) On les rassembla, on les ensevelit publiquement et, après ces derniers devoirs, le mort ne troubla plus le repos de la maison. » (trad. De Sacy et Pierrot)

  • Centurie 9, quatrain 20 :

De nuit viendra par la forest de Reines
Deux pars vaultorte Herne la pierre blanche,
Le moine noir en gris dedans Varennes
Esleu cap. cause tempeste feu, sang tranche.

Dans La Guide des chemins de France, édité(e) chez Charles Estienne en 1553, les pages 137 à 140 concernent les confins du Maine et de la Bretagne, à raison de quelques brèves lignes par page.
On y trouve les mentions suivantes :p. 137 : Vaultorte, Heruee (probablement coquille pour l’actuelle Ernée), un ruisseau « faisant le depart (cfr. les deux pars de Nostradamus) de la comté du Maine et de la duché de Bretaigne »;
p. 138 : Forest de Renes; p. 139 : Varennes; p. 140 : la pierre blanche.

Certaines découvertes dans ce sens ont été présentées directement sur Internet, sans publication antérieure en livre ou en revue. C’est ainsi que L. de Luca a découvert que la strophe latine mise par Nostradamus dans le prologue de sa Paraphrase de Galien est tirée des Inscriptiones sacrosanctae vetustatis, ouvrage de Petrus Apianus et Bartholomeus Amantius, édité à Ingolstadt en 1534. (Cet emprunt avait échappé à P. Brind’Amour, édition des Premières Centuries, Droz, 1996, p. 277.)
De mëme, P. Guinard a découvert qu’Ulrich von Hutten est cité très souvent dans les Présages de Nostradamus et qu’il a fourni de la matière à un au moins des quatrains desProphéties :
« Bis petit obscurum et condit se Luna tenebris
« Ipse quoque obducta pallet ferrugine frater. »
(« Deux fois la Lune cherche l’obscurité et se cache dans les ténèbres,
« Et son frère lui-même pâlit, couvert d’une couleur ferrugineuse »)
(Ulric von Hutten, Poemata, éd. Böcking, p. 253, reproduit sur le site de l’université de Mannheim)
« Lune obscurcie aux profondes tenebres,
« Son frere pasle de couleur ferrugine »
(Nostradamus, Prophéties, I, 84.)

Peter Lemesurier et Gary Somai ont également fait des rapprochements intéressants.

Fausses prophéties

Les Sixains, qui furent publiés pour la première fois au xviie siècle, sont considérés comme faux même par les partisans de la prescience de Nostradamus, car ils ne sont pas dans son style et son vocabulaire et sont beaucoup plus explicites que les quatrains centuriques. Par exemple, le sixain 52 :

La grand’Cité qui n’a pain à demy
Encor un coup la sainct Barthelemy
Engravera au profond de son ame :
Nisme, Rochelle, Geneve & Montpellier,
Castres Lyon, Mars entrant au Bélier,
S’entrebatteront : le tout pour une Dame

évoquerait le Massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. La grand’Cité serait Paris. Nisme, Rochelle, Geneve & Montpellier sont les quatre principales villes protestantes.une Dame indiquerait Catherine de Médicis.

Juste après les attentats du 11 septembre 2001, le texte suivant a beaucoup circulé sur Internet :

In the City of God there will be a great thunder,
Two brothers torn apart by Chaos,
while the fortress endures,
the great leader will succumb,
The third big war will begin when the big city is burning

traduction :
Dans la cité de Dieu il y aura un grand tonnerre
Deux frères seront séparés par le chaos
Pendant que la forteresse endure
Le grand meneur succombera
La troisième grande guerre commencera quand la grande cité brûlera

Ce texte n’est pas de Nostradamus (ce n’est même pas un quatrain). Il fut écrit en 1997 et publié sur une page web par Neil Marshall, étudiant canadien de Brock University, qui voulait montrer qu’on pouvait fabriquer à la manière de Nostradamus des prophéties assez ambiguës pour supporter de nombreuses interprétations. Ce qui concerne la troisième grande guerre n’est pas de Neil Marshall et fut ajouté après les attentats du 11 septembre.

Il existe aussi la traduction française d’un mélange de canulars, volontairement troublant, répandu en anglais après les attentats du 11 septembre 2001, et qui, il est bien évident, manquent de la rime et la scansion métrique qui caractérisent le « vers commun » qu’utilisait Nostradamus :

Dans l’année du nouveau siècle et neuf mois,
Du ciel viendra un grand roi de terreur…
Le ciel brûlera à quarante-cinq degrés.Ï Le feu approche la grande nouvelle ville…

Dans la ville d’York, il y aura un grand effondrement,
Deux frères jumeaux déchirés par le chaos
Tandis que la forteresse tombe le grand chef succombera
La troisième grande guerre commencera quand la grande ville brûlera.

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